Contributions still being accepted. Thank You!

 

Ce ne sont pas seulement les cadres supérieurs à la retraite qui s’opposent aux réformes du régime de retraite. - Ernest Mackinnon

Votre journal a débuté l’éditorial de samedi en s’en prenant aux cadres supérieurs retraités  de la fonction publique provinciale.  Il suggère que la résistance aux réformes proposées vient seulement de ce petit groupe.  L’éditorial questionne comment ils peuvent être aussi aveugles aux besoins de réformes fiscales de ce genre.  Puisque le Telegraph Journal n’a pas eu l’opportunité de prendre connaissance de qui exactement est derrière les efforts pour changer la trajectoire des réformes du régime de retraite et leurs motivations, nous aimerions vous expliquer.

Nous continuons à être abasourdis par le manque de vision de ceux qui commentent de façon critique le dossier des pensions en ce qui a trait à la nature des obligations.  Les membres du régime de retraite sont des créanciers de la province qui ont échangés leur travail pour une compensation, laquelle incluait une pension différée.  Jusqu’à maintenant, on n’a pas demandé à aucun autre créancier de se faire raser comme on le demande aux retraités.

La province n’a pas demandé à la compagnie Irving de diminuer sa facture, ni aux porteurs d’obligations d’accepter moins d’intérêt.  Les retraités ont le droit de se demander pourquoi nous.  L’éditorial du TJ et les actions du gouvernement suggèrent que les fonctionnaires ne méritent pas ces bénéfices parce que leur travail et leurs contributions ne sont pas appréciés.  Pas la meilleure façon d’encourager les retraités à être flexibles envers les changements à leurs pensions.

Pour chaque cadre supérieur, il y des centaines de retraités et de conjoints survivants qui reçoivent des pensions modestes.  Ils dépendent des augmentations en fonction du coût de la vie pour payer leurs factures, qui ne cessent d’augmenter.  Tout ce qui suggère mettre en doute une partie de ce revenu ne fait que créer de l’incertitude et des craintes pour les retraités.  Nous apprécions leur modération jusqu’à présent et leur recherche d’un avenir plus certain.

Les cadres supérieurs sont probablement une cible facile pour les critiques.  Vous suggérez qu’ils sont le seul groupe qui s’oppose aux changements au régime de retraite.  L’opposition au nouveau système de retraite suggéré par le gouvernement vient de la base et de toutes les communautés à travers la province.  Cette résistance vient de dizaines de milliers de membres qui travaillent ou qui ont travaillé à tous les niveaux du gouverrnement.  Ceci inclut aussi bien les retraités que les travailleurs actuel, allant de la personne au bas de l’échelle jusqu’au sous-ministre.  Un grand nombre de ces personnes travaillent d’arrache-pied afin de protéger leur retraite.  Que ce soit le support silencieux mais ferme des employés existants ou du support beaucoup plus soutenu  des membes retraités, il y a une large participation des membres.

Nous avons parlé personnellement à plusieurs membres du régime de retraite et nous avons entendu un nombre de messages clairs.

Premièrement, ils comprennent très bien qu’il y a un problème fiscal sérieux et grandissant.  Ils entendent ce message et en prennent coscience chaque jour.  Ils voient comment leurs amis, famille et voisins sont affectés.  Ils savent que plusieurs communautés ont de la difficulté à survivre et que la toile économique de notre province s’effiloche petit à petit.  Le fait que tous doivent mettre la main à la pâte est accepté.

Ils réalisent également qu’ils devront probablement accepter des modifications à leurs  prestations de retraite.  Le montant exact, le quand et le comment cela va se faire sont de grands inconnus.  Ils ne sont pas prêts à accepter ces modifications avant d’être convaincus que le besoin est réel.  Ils savent que, si des modifications sont absolument nécessaires à cause de la non-viabilité des promesses faites au sujet des pensions,  la loi existante permet des alternatives pour résoudre le problème.  Ils n’acceptent pas que le gouvernement a pour seule solution de se défaire de la responsabilité du régime en le transformant en régime à risques partagés.

Enfin, ils croient que les efforts du gouvernement pour préparer le terrain pour de telles modifications ont été lamentables, sans parler du fiasco dans le domaine de la communication et de la transparence. Ils n’ont pas d’autres choix que de croire que les impacts négatifs résultant de ces changements seront beaucoup plus sérieux que ce que le gouvernement essaye de nous faire croire.  Malheureusement, le niveau de confiance est à son plus bas.  Lorsque le niveau de confiance est aussi bas, il ne faut pas être surpris que la résistance aux changements soit profondément ancrée.

L’éditorial du Telegraph Journal a aussi manqué le bateau dans son interprétation du rôle des cadres supérieurs retraités dans ce dossier.  Ils ne travaillent pas pour des avantages personnels.  Durant leurs carrières, ils étaient chefs de file et dans leurs activités de bénévolats, ils font de même.  Nous apprécions la confiance de l’ensemble des retraités.  La responsabilité qui nous est confiée a pour nous le même poids qu’un contrat de travail.  Si il est possible d’identifier une solution qui nous permettrait tous d’attaquer d’autres défis plus urgents pour la province, nous croyons être en mesure de la trouver.  Si cela s’avère impossible et qu’un compromis ne peut pas être trouvé, le gouvernement se verra dans l’obligation indésirable d’utiliser ses « pouvoirs magiques » législatifs pour imposer les modifications.

Une telle action unilatérale forcera les retraités à faire appel à la cour pour empêcher la conversion de LPRSP à un régime à risques partagés.  Personne ne veut en arriver là.

Nous croyons que certains employés du gouvernement pensent la même chose.  Ils sont sans aucun doute exaspérés par les agissements et les délais.  Cela se comprend.  Cependant, ils n’ont qu’à se regarder dans le miroir pour en voir la cause.  Pour arriver à une solution, il faut absolument mettre derrière nous cette animosité.  Le gouvernement s’est montré plus ouvert récemment et par l’entremise du ministre Higgs a offert de nous tendre la main. Très lentement, le progrès s’amorce.  Nous demandons que tous fassent preuve de patience.

La résistance organisée aux modifications du régime de retraite s’est transformée et est devenue un effort réel pour trouver une solution en proposant des modifications qui feraient des gagnants des deux côtés.  Si le gouvernement se montre plus flexible, nous croyons que les retraités le seront aussi.  Nous essayons de trouver une issue à cette impasse qui serait au bénéfice des membres du régime et qui permettrait en même temps de contribuer une part si petite soit-elle à la résolution du problème fiscal de la province.

Votre journal ferait une contribution plus significative à la résolution du présent dilemme en supportant nos efforts plutôt que de jeter le blâme sur les retraités du service public. L’attitude de votre journal ne mènera à rien si vous continuez à caractériser un groupe comme étant vertueux et le deuxième comme étant les vilains.  Tous les défis et les problèmes sérieux que connaît la province ne seront résolus que par des efforts collaboratifs de toutes parts.

Soumis par Ernest Mackinnon, Bonny Hoyt-Hallett, Brian Durelle et Cyril Theriault